L’intuition mode d’emploi

L'intuition mode d'emploi - Catherine Balance

Ce livre est épuisé, vous pouvez le retrouver en intégralité dans la Voix de l’intuition

Résumé

Peut-on entraîner l’intuition ?

Oui, répond l’auteur, après des années d’expérimentation et d’observation. Il semble bien que l’intuition se développe dès lors qu’on l’exerce

Axé sur les premières impressions, la télépathie, les devinettes et la créativité, ce guide pratique propose des manières ludiques et simples de solliciter son intuition. Il consigne l’ensemble des exercices que l’auteur a mis en place et testés, seule ou avec les participants à ses ateliers.

Vous serez ainsi invités à utiliser toutes les occasions de votre quotidien pour vous amuser à tester votre intuition :

  • en devinant:
    • qui appelle
    • le hobby de quelqu’un que vous rencontrez
    • les résultats sportifs, la fin d’un film
    • les réponses aux jeux télévisés…
  • en vous laissant guider par vos pas…

Il vous sera aussi proposé :

  • de répondre à des questions sans les connaître,
  • de décoder intuitivement vos rêves
  • de développer votre créativité…

Hommes ou femmes, que vous croyiez ou non avoir de l’intuition, vous pourrez aborder les exercices de ce livre sans difficulté et évaluer vos progrès.

Vous serez surpris des résultats !

Table des matières

Chapitre 1  L’Intuition : mode d’emploi

Les prérequis

Accepter que l’intuition existe

Deuxième prérequis : ne réfléchissez pas !

Accepter de se tromper.

Se représenter l’intuition

Repérer les manifestations de l’intuition

Par la pensée : la petite voix intérieure – je sais

Par l’image : le cinéma intérieur – je vois

Par le ressenti – je sens

Chapitre 2 : L’intuition en marche

Les premiers pas

Ecrire le matin

Ecrire le soir avant de s’endormir

Pendant une conversation : entraîner l’écoute intuitive

Noter les premières impressions

Chapitre 3 : Solliciter l’intuition

Deviner : les résultats sportifs ou des jeux, la suite d’une histoire”

Deviner ce qui est caché dans une enveloppe

Chapitre 4 : La prise de décision

Choisir un chemin

Demander

Le journal des intuitions

Répondre à une question que l’on ne connaît pas

Chapitre 5 : L’écriture intuitive

Associations d’idées ou de mots

Les lettres spontanées

Effets/Résultats

Ecriture intuitive et créative

Chapitre 6 : Les rêves : l’approche intuitive

Exercice individuel

En groupe

Dans la peau des personnages de nos rêves

Chapitre 7 : Comment la créativité développe l’intuition

Quelques plongeons dans l’imaginaire

Poursuivre une histoire

Atelier d’écriture d’un conte

Dernières recommandations

Extraits

L’intuition est une expérience personnelle, intime, différente pour chacun. Elle serait accessible à tous puisque certaines études la localisent dans l’hémisphère droit du cerveau [1] et d’autres dans sa partie la plus ancienne, tout près du cerveau reptilien et de l’instinct [2].

Qu’est-ce qui nous empêche alors d’utiliser notre intuition « en conscience » et facilement ?

C’est toute la question car si l’on croit parfois la reconnaître, on ne sait toujours pas comment la déclencher consciemment. Pourtant, on l’expérimente régulièrement sans le savoir ou sans y prêter attention. Par exemple, on peut se demander comment résoudre un problème juste avant de s’endormir et se réveiller le matin avec la certitude de ce que l’on doit faire. Ou bien, on entend fréquemment « oui » ou « non » en réponse aux différentes questions que l’on se pose dans la journée. Ou encore, il nous arrive de nous sentir mal à l’aise en plein milieu d’une conversation parce que quelque chose nous dérange mais nous ne savons pas exactement quoi.

Aussi est-il important pour développer son intuition de s’exercer à être à son écoute. Voici quelques clés pour y parvenir.

Les prérequis

Accepter que l’intuition existe

Pour accepter que l’intuition existe, le premier des prérequis est sans aucun doute de prendre conscience qu’elle est en soi. Si cela semble évident, ce n’est pourtant pas toujours facile. Pour convaincre son esprit rationnel, il faut lui prouver l’existence de l’intuition. Or bien souvent, on ne croit que ce que l’on voit, ce que l’on peut vérifier. Il faudra donc avoir remarqué à plusieurs reprises que certaines « premières impressions » se sont révélées exactes – c’est-à-dire, que l’expérience a confirmé ce que l’on a pensé à un moment donné – pour commencer à entendre sa petite voix intérieure et l’écouter de plus en plus. Et plus on l’écoute, plus elle se manifeste. En effet, chaque fois qu’on expérimente son intuition, sans l’avoir consciemment recherché, on ouvre un peu plus son esprit à la possibilité d’y croire et de s’en servir.

Pour vous faire une idée de la manière dont votre intuition a déjà pu se manifester dans votre vie, je vous propose de répondre aux questions suivantes :

  • Avez-vous déjà :
    • pensé à quelqu’un juste avant qu’il vous appelle ?
    • agi ou pris une décision sans hésiter ? Quels en ont été les résultats ?
    • changé de décision à la dernière minute, sans réfléchir ? Cela s’est-il avéré bénéfique ?
    • fait un rêve prémonitoire ?
    • ressenti à l’avance un événement ?
  • Avez-vous déjà eu au réveil des idées, des inspirations ou encore des pensées grâce auxquelles vous avez pris des décisions qui se sont révélées bénéfiques pour votre vie (ne prenez en compte que les premières pensées conscientes) ?
  • Vous répondez-vous souvent par oui ou par non, sans réfléchir ni justifier votre réponse par une explication
  • Vos premières impressions sur les personnes que vous rencontrez se révèlent-elles en général justes ?

Deuxième prérequis : ne réfléchissez pas !

L’intuition est une fulgurance de l’esprit. Elle se reconnaît à son instantanéité et se manifeste sous la forme de flashes, de pensées rapides ou d’images qui s’imposent immédiatement à l’esprit. En fait, chaque fois que l’on prend une décision rapidement, sans réfléchir et, souvent même, sans savoir pourquoi et qu’elle s’avère bonne, il s’agit d’intuition.

Aussi – et même si toutes nos pensées rapides ne sont pas toujours de l’intuition – je vous invite à ne prêter attention dans un premier temps qu’aux seules pensées rapides ou images et sensations instantanées et à les noter. Combien de fois en effet laissons-nous de côté la première réponse qui nous vient à l’esprit en nous faisant le genre de réflexions suivantes : « Non ! Ce n’est pas possible » ou encore « C’est trop simple pour être vrai ! » Malheureusement, nous croyons trop souvent qu’il est suspect ou peu fiable de trouver facilement quelque chose. De même, la peur de dire une bêtise chaque fois que l’on répond vite et sans réfléchir peut freiner. Seule l’intelligence rationnelle et réfléchie a bonne presse encore aujourd’hui ! Pour entraîner son intuition, il va donc falloir passer outre ces idées reçues et accepter que se tromper fait partie du jeu. Cela revient à s’autoriser à délier son cerveau droit [3], à le laisser jouer et à prendre le risque de voir à quoi ressemblent les résultats.

Commencez dès à présent à noter vos premières impressions et vos réponses rapides chaque fois que vous avez un choix à faire ou une réponse à donner et notez aussi les impressions ou les phrases qui vous parviennent en deuxième. Cela vous permettra de voir s’il vous arrive régulièrement de réprimer à tort une intuition.

Par exemple, si à la question « Dois-je changer d’orientation professionnelle ? », votre première réponse intuitive est « oui », suivie aussitôt d’un « Ce n’est pas raisonnable », « Il ne faut pas lâcher la proie pour l’ombre » ou un autre argument de ce type, vous pouvez déjà à coup sûr repérer que le deuxième message est un message de votre intelligence rationnelle et non de l’intuition. Cela ne veut pas dire à 100% que le premier message est un message intuitif ni que celui de votre intelligence rationnelle n’est pas bon. Ce dernier peut en effet vous apporter des arguments pleins de bon sens qu’il ne faut pas négliger, surtout s’ils entrent très fort en résonance avec vos propres inquiétudes conscientes.

Cependant, même dans ce cas-là, il y a de bonnes chances pour que le premier message soit intuitif et qu’il vous invite à transcender, par exemple ici, votre peur du changement, de l’inconnu, de réussir dans un nouveau domaine, etc.

Si les messages de l’intuition ne sont pas toujours faciles à reconnaître, ceux de l’intelligence rationnelle le sont en général beaucoup plus. Dès qu’une phrase commence par un « mais » ou par un « parce que », dès qu’il y a explication, justification ou raisonnement, il ne peut s’agir d’intuition.

Accepter de se tromper

Accepter de se tromper est le troisième prérequis de ce chapitre. C’est bien souvent parce qu’on n’accepte pas l’idée de se tromper qu’on se ferme aux messages intuitifs. Peur de se ridiculiser ou de découvrir des aptitudes inhabituelles en soi, peur d’être dépassé par ce que ces découvertes et l’utilisation de l’intuition impliquent : il y a bien des manières de se protéger de soi-même et de son expression la plus créatrice. Sans parler de la peur d’avoir à remettre en question les vieux schémas ou conditionnements qui nous habitent et nous dirigent encore : croyances, jugements, projections, etc. Pourtant se tromper est plutôt utile puisque cela nous permet toujours d’apprendre sur nous-même. Plus on comprend ce qui bloque, plus on le dénoue. On laisse alors plus de place à l’intuition, elle devient plus visible.

Se tromper est normal, sain, et ça n’a pas vraiment d’importance au tout début de votre pratique. Ce qui importe c’est de participer, de jouer, de s’amuser, de faire travailler le cerveau droit. Cela ouvre la voie aux messages et permettra de les percevoir de mieux en mieux.

Se représenter l’intuition

Dès lors que vous avez accepté que votre intuition existe, qu’elle est une fonction à part entière de votre cerveau, au même titre que votre intelligence rationnelle, vous pouvez vous adresser régulièrement à elle. Cependant, n’ayant pas été éduqués pour y recourir, nous n’avons généralement pas ce réflexe.

Dans un premier temps, pour vous y aider, représentez-vous mentalement votre intuition. Mettez une musique relaxante, asseyez-vous confortablement, les yeux fermés. Prenez quelques respirations profondes et adressez-vous en pensée à votre intuition. Demandez-lui de se manifester à vous et laissez venir les images, les mots et les impressions…

[1] A la fois le cortical pour l’intuition et le limbique pour les émotions (cf. les travaux du psychobiologiste, prix Nobel, Roger Sperry et du neurologiste Paul MacLean).

[2] Daniel Cappon, neuropsychiatre et chercheur canadien. Il a créé le IQ2, test du quotient Intuitif.

[3] Toujours d’après les travaux de Roger Sperry, le cerveau gauche est plutôt logique et le droit, plutôt intuitif.

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Article

Entraîner son intuition en s’exerçant sans filet

Parmi les exercices que j’ai mis en place ces dernières années dans mes ateliers de développement de l’intuition, il en est un que je chéris particulièrement : il s’agit de répondre à une question cachée ou inconnue en donnant des éléments d’informations et des ressentis s’y rapportant.

J’ai en effet la conviction que l’intuition peut aller chercher une information que l’on ne connaît pas encore. J’ai donc imaginé que l’on pouvait partir du principe de répondre à toute question sans la connaître ou l’avoir en tête au moment de l’exercice.

Pour vérifier si cela fonctionnait, je demandai un jour à un ami venu me rendre visite d’écrire, sans se limiter et sans réfléchir, tout ce qui lui venait à l’esprit par rapport à une question que je me posais à ce moment-là. Il écrivit une vingtaine de mots qui s’avérèrent pour la plupart en rapport avec ma question.

On obtient des résultats significatifs avec cet exercice qu’on le pratique seul ou à deux. Je vous propose donc les deux méthodes que j’ai élaborées.

Répondre à une question cachée

Seul

Ecrivez différentes questions qui vous concernent personnellement sur plusieurs papiers du même format (4 à 6 au moins). Si vous n’en avez pas autant en tête au moment de l’exercice, collectez-les pendant une ou deux semaines. Les questions peuvent être d’importance inégale mais elles doivent être posées très simplement, une seule à la fois, exprimée clairement et au présent. Veillez également à ce qu’on puisse y répondre par oui ou par non. Puis concentrez-vous quelques instants devant chaque question. Laissez venir un « oui » ou un « non ». Notez-le en dessous de la question. Imaginez une couleur qui vous semble correspondre à cette question, puis un son, une forme, une sensation et enfin un chiffre de 0 à 10 et notez-les. Le chiffre n’est pas nécessairement un chiffre qui mesure, c’est plutôt le chiffre qui semble coller le plus naturellement à la question. Le 2 par exemple pourrait venir avec une question en rapport à une association mais surtout n’y réfléchissez pas, ne cherchez pas de symbolique ni au chiffre ni aux autres sensations. Laissez simplement les mots s’écrire comme ils viennent.

Pliez ensuite les papiers et laissez-les de côté quelque temps. Quand vous le souhaiterez, prenez-en un au hasard. Avant de le déplier, notez sans réfléchir tous les mots qui viendront à votre conscience pendant que vous le tenez dans votre main ainsi qu’un oui ou un non, une couleur, un son, une forme, une sensation, un chiffre de 0 à 10. Faites de même avec une autre question. Toutefois, ne répondez pas à plus de deux questions par jour, pour éviter toute interférence ou confusion entre les réponses. Puis, lisez les questions et voyez sur combien de points vos réponses correspondent. Renouvelez régulièrement vos questions (même si vous devez en répéter certaines) de façon à avoir toujours un petit stock « à l’aveugle » sur lequel vous ne pouvez pas faire de déductions logiques.

Prendre une décision parmi plusieurs options

Je propose ici une variante de l’exercice précédent pour nous aider à faire un choix dans une situation donnée. Par exemple, vous voulez acheter un nouvel ordinateur et vous hésitez entre plusieurs modèles. Ecrivez la référence de chacun d’entre eux sur des papiers identiques. Pliez les papiers, mélangez-les et numérotez-les. Prenez un papier après l’autre, gardez-le quelques instants dans votre main en laissant remonter les impressions, les images, les mots qui s’associeront spontanément à ce contact avec le papier : un oui, un non, un chiffre de 1 à 10, etc. Si vous voyez une couleur vous la noterez, si vous entendez un son, vous l’indiquerez, si vous ressentez quelque chose de particulier (bien-être, chaleur, froid”) vous l’écrirez également. Pensez bien à noter à chaque fois le numéro de votre papier en face de ce que vous avez écrit.

Il n’est pas nécessaire de tout noter comme avec l’exercice de la question cachée. Il suffira de ressentir quel bout de papier vous inspire le plus. Parfois les sensations seront très marquées entre une option ou une autre et d’autres fois moins. Cela arrive en particulier lorsque plusieurs options peuvent toutes être de bons choix dans une même situation. La différence entre elles sera alors très peu perceptible. Une fois l’exercice terminé, dépliez les papiers et regardez ce que vous avez écrit pour chaque option.

Vous pouvez aussi remettre vos questions ou vos options sous enveloppes à différents amis et leur demander de faire le même exercice, le jour où ils le sentiront.

Répondreà une question cachée

A deux

Dans mes ateliers, j’intègre à cet exercice la communication télépathique. En effet, les participants vont travailler deux par deux dans un premier temps et s’exercer à laisser venir toutes les images, mots, sensations qu’ils perçoivent par rapport à la question de leur partenaire, sans la connaître. Ils doivent aussi y associer une couleur, un son, une forme, une sensation, un chiffre, un oui ou un non, comme nous l’avons vu pour leur propre question. Je leur demande en outre de tenter de deviner le domaine concerné (vie amoureuse, familiale, professionnelle, santé). Chacun à leur tour, les partenaires écrivent ce qu’ils ressentent au sujet de la question de leur coéquipier. Les résultats sont toujours très intéressants car même lorsque les éléments de réponse donnés ne sont pas assez précis pour qu’on puisse en déduire que la question a été captée, dans presque tous les cas cependant, des informations sont transmises (couleur, forme, son, chiffre, sensation ou domaine concerné). On peut ainsi constater qu’il y a eu à un certain niveau communication télépathique. Ce qui est le but principal de cet exercice.

Exemples de résultats

L’une des participantes (A) avait écrit : « Vais-je vivre avec mon ami ? ». Elle fit l’exercice avec une deuxième participante (B) qui écrivit les mots suivants : oui, maison, la forme du cercle, jaune, le chiffre 4, amour/plénitude, rester ensemble.

A avait répondu à sa propre question : oui, chaud, jaune/orange, la forme du cercle, musique douce et le chiffre 7.

Les résultats sont ici particulièrement parlants. B a tout à fait capté qu’il s’agissait d’une question relative au domaine amoureux, elle voit une maison et ajoute la notion de rester ensemble. De plus les réponses en commun sont oui, la forme du cercle, et la couleur jaune. Seuls les chiffres diffèrent ; les sensations ne sont pas les mêmes mais peuvent être associées à la nature de la question (chaud et amour/plénitude).

Attention toutefois, bien qu’excellents, ces résultats ne sont pas à prendre comme une prédiction mais plutôt comme une communication télépathique qui a bien fonctionné. On peut supposer, et ma pratique de cet exercice me le laisse penser très fort, que l’inconscient exprime à ce moment-là ce à quoi il croit le plus dans la situation en question (même si le conscient n’en est pas encore convaincu). Il arrive aussi que le participant qui tente de deviner la question de son partenaire donne des éléments de réponse tout à fait différents de cette question. Mais même dans ce cas, on se rend souvent compte que cette réponse rejoint les attentes de l’autre participant et lui est utile. Elle le ramène à un sujet qu’il avait choisi de ne pas évoquer mais qui se révèle plus important pour lui ou plus urgent à traiter au moment de l’atelier que celui mis en avant dans sa question. Par exemple, quelqu’un qui aura posé une question sur sa vie professionnelle, pourra se voir répondre sur sa vie affective et confiera lors du partage après l’exercice que c’était effectivement sa préoccupation majeure. On voit donc bien que les inconscients communiquent même lorsqu’on décide de ne pas parler d’un sujet particulier.

Seul ou à deux, cet exercice, par sa forme de communication intuitive avec nous-même et avec les autres, permet d’apporter des éclairages sur les décisions que nous avons à prendre. C’est en outre une belle expérience à vivre que je vous invite à explorer !

Catherine Balance

Paru dans la revue Recto-Verseau de septembre 2007

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